322 000 emplois salariés détruits en 2009 !

11 mars 2010 par admin Pas de commentaires »

La France comptait 322 000 emplois salariés de moins fin 2009 par rapport à fin 2008 dans le privé (-1,8 %), après un quatrième trimestre marqué par une perte nette de 11 500 postes, selon des chiffres définitifs diffusés jeudi par le ministère de l’emploi. L’économie a détruit l’an dernier beaucoup plus d’emplois qu’elle n’en a créé, environ trois fois plus qu’en 2008. Sur une année civile, ce sont les plus grosses pertes nettes jamais enregistrées. La France comptait 17,72 millions de salariés fin décembre.

Dans l’industrie, l’hémorragie d’emplois s’est poursuivie, avec 173 000 pertes nettes sur l’ensemble de l’année (-4,9 %), avec cependant au quatrième trimestre « un rythme moins soutenu qu’au troisième trimestre (-1 % après -1,4 %) », a observé l’Insee.

Parallèlement, la France a accueilli, en 2009, 639 projets d’investissement directs étrangers (IDE), qui ont permis de créer près de 30 000 emplois. Ce chiffre mériterait d’être comparé à celui des emplois détruits en France par les entreprises étrangères. Mais cette statistique n’existe pas !

Avec 65 milliards de dollars (48 milliards d’euros) d’investissements directs étrangers, la France est passée de la deuxième à la troisième place parmi les pays d’accueil des IDE dans le monde en 2009. 68 % des projets étrangers ont une origine européenne (65 % en 2008). L’Allemagne, avec 113 projets, est devenue le premier pays étranger investisseur en France, devant les États-Unis (106), l’Italie (56) et plus loin la Chine (11e investisseur, avec 18 projets) et l’Inde, avec 10 projets, le quinzième.

L’Allemagne, que tout le monde loue pour son industrie à la santé florissante et dont les excédents commerciaux font rêver, investit donc en France ! C’est bien une preuve que l’industrie française peut être compétitive sans délocaliser au Maroc, en Roumanie ou en Chine. Mais alors, quel est donc ce mal étrange qui conduit les entreprises françaises à s’imaginer que plus rien n’est possible en France, qu’il faut à toute force délocaliser pour être compétitif ? Idéologie, hallucination collective ou manque de discernement ?

Une petite thérapie de groupe, peut-être ?

Une nouvelle couleur : le Vert US

10 mars 2010 par admin Pas de commentaires »

Je livre aujourd’hui à votre sagacité cet article en provenance du site www.greenunivers.com. Si cet article parle des États-Unis, il se passe exactement la même chose en France : les subventions ou aides accordées notamment pour l’équipement photovoltaïque servent aujourd’hui principalement à financer les usines chinoises, et à creuser notre déficit commercial !  En attendant que nos politiques se réveillent…

« Signe de l’inquiétude des Américains face à une Chine plus verte qu’eux, quatre sénateurs démocrates viennent de demander au gouvernement de bloquer les milliards d’aides aux énergies renouvelables pour ceux qui n’utilisent pas des matériels fabriqués aux Etats-Unis.

Menés par le remuant sénateur de New York Chuck Schumer, ces quatre élus ont de nouveau cité le tollé suscité par l’annonce d’un vaste parc éolien texan équipé d’éoliennes chinoises, qui devrait pouvoir toucher de très importantes subventions de l’Etat fédéral, ce qui a beaucoup choqué dans le pays. Ils demandent que soient bloquées les aides jusqu’à l’adoption d’une loi qui empêcherait que les subventions financent des emplois à l’étranger.

Le Secrétaire à l’Energie Steven Chu, grand ordonnateur des aides du plan Obama, a répliqué que cela pourrait au final coûter des emplois aux États-Unis, mais cette initiative montre que ce sujet divise même la majorité démocrate.

Des mesures protectionnistes demandées

Car cette préoccupation monte outre-Atlantique, comme en atteste un nouveau rapport de deux associations, Apollo Alliance et Good Jobs First, baptisé « Gagner la course : comment les Etats-Unis peuvent dominer l’économie verte mondiale », véritable plaidoyer pour lutter contre la concurrence asiatique.

Selon ses auteurs, les Etats-Unis doivent impérativement développer une industrie capable de répondre à la croissance du marché des greentech, faute de quoi ils perdront la course pour être le leader mondial de ce secteur, ainsi que les centaines de milliers d’emplois qui vont avec.

Ce rapport dresse un constat inquiétant : les Etats-Unis importent, selon lui, 70% des composants destinés à leur production d’énergies renouvelables. Et si cette tendance continue, le pays perdra 100.000 emplois dans les industries des énergies propres d’ici 2015 et près de 250.000 emplois d’ici 2030.

Des subventions américaines investies en Chine

Le rapport analyse les subventions distribuées par le gouvernement américain pour la création d’usines de matériels destinés à la production d’énergie solaire ou éolienne : sur les 90 entreprises qui ont reçu des fonds pour investir aux Etats-Unis, 23 ont parallèlement investi dans des sites équivalents en Chine, en Inde, au Mexique et en Malaisie. Conclusion des auteurs du rapport : ces 23 entreprises ont en partie utilisé les fonds de Washington pour investir dans ces pays aux bas salaires.

« Ce pays a besoin d’une stratégie de développement des énergies propres qui puisse s’assurer que les emplois créés dans ce secteur resteront aux Etats-Unis et que la croissance des énergies propres dans des pays à bas salaires, comme la Chine, n’est pas indirectement subventionnés par les Etats-Unis”, martèle le rapport.

Pour éviter que les emplois du green business ne partent dans les pays à bas coûts, Greg LeRoy, de Good Jobs First, demande une nouvelle politique, dont des aides pour que les PME se dotent d’outils d’efficacité énergétique et adaptent leur production au secteur des énergies propres, ainsi qu’une formation adaptée des salariés américains. »

Source : www.greenunivers.com le 09/03/2010

Mouvements dans la chaussette

2 mars 2010 par admin Pas de commentaires »

chaussettes

Olympia, la célèbre marque de chaussettes en redressement depuis fin novembre, cherche un repreneur. Le tribunal de commerce de Troyes a en effet décidé d’écourter la période d’observation initialement prévue pour six mois et de déclencher une procédure de cession. Les candidats ont jusqu’au 15 mars pour déposer leurs offres. Au moins six se sont déjà manifestés auprès de l’administrateur judiciaire.

Olympia fait aujourd’hui face à un passif de 11 millions d’euros pour un chiffre d’affaires d’environ 25 millions. Les difficultés de l’entreprise ont été aggravées par une condamnation à verser 2,5 millions d’euros à d’anciens salariés licenciés, pour ne pas leur avoir proposé de reclassement dans leur usine roumaine. Ce qui avait conduit sa dirigeante, Catherine Rambaud, à se déclarer en cessation de paiements à l’automne dernier. Olympia emploie 180 personnes sur son site logistique de Romilly-sur-Seine (Aube) et 420 personnes dans son usine en Roumanie.

Le marché de la chaussette semble donc à la veille d’une importante recomposition. Il a traversé une très mauvaise année en 2009, avec un recul des ventes d’environ 8 %, dans un marché dominé à 90 % par la fabrication turque et asiatique. «Dans leurs arbitrages, les consommateurs sacrifient ce qui ne se voit pas», analyse le Président de Kindy, Joël Pétillon. Kindy et Olympia sont justement les deux leaders français du secteur, avec environ 10 % de parts de marché chacun, face à la large domination des marques propres de la grande distribution (70 % des ventes). Les deux rivaux ont d’ailleurs délocalisé la quasi-totalité de leur production ces dernières années, conservant en France la fabrication d’une poignée de modèles haut de gamme à valeur ajoutée (chaussettes hypoallergéniques, pour jambes lourdes, etc.).

Kindy étudie donc l’opportunité de reprendre Olympia. «On ne peut pas ne pas s’y intéresser quand se présente le dossier de son principal concurrent», estime Joël Pétillon. De son côté, Tricotage des Vosges, qui possède la marque Bleuforêt, va également regarder le dossier Olympia pour éventuellement proposer un projet de reprise. «La question se pose évidemment, précise Jacques Marie, son président, mais je veillerai à ne pas mettre en cause notre équilibre.» Car Bleuforêt est une marque à la fabrication 100% française. Après avoir perdu la licence Dim en 2008, qui a été confiée à Kindy, Bleuforêt regagne peu à peu le chiffre d’affaires perdu, notamment grâce à une politique renforcée en grande distribution. Jacques Marie ne souhaite donc pas aujourd’hui prendre de risque inconsidéré, alors même que son entreprise se relève tout juste du mauvais coup infligé par Dim.

Ça devrait donc bouger prochainement dans le secteur de la chaussette !

Sources : www.lefigaro.fr du 15/02/2010 – www.lest-eclair.fr du 17/02/2010

Cellules photovoltaïques : PV20 vise le « made in France »

25 février 2010 par admin Pas de commentaires »

Contre le « made in china », le consortium PV20 lance une filière industrielle photovoltaïque entièrement française. Une étiquette patriotique dont il joue, du silicium au panneau sur le toit.

« J’entends dire depuis 50 ans qu’on ne peut pas produire en France », s’insurge Loïc de Poix, président du directoire de MPO, le spécialiste du disque optique à l’origine du projet. A l’heure où la refonte des tarifs de rachat du photovoltaïque mobilisent la filière et font ressurgir la question de la concurrence chinoise, le consortium PV20 fait figure de rassembleur de l’industrie française. Chef de file du mouvement, le fabricant MPO a plusieurs faits d’armes dans le semi-conducteur à son actif : face à Sony et Phillips, son entreprise familiale mayennaise a réussi à se positionner sur la fabrication de CD, disques optiques, DVD-Rom et autres mini-disc. Aujourd’hui, ses trois entreprises « rentables » crachent encore fièrement 400 millions de disques par jour. Un savoir-faire qu’il compte déplacer du marché disque, moribond, vers celui de photovoltaïque, en pleine croissance.

Pourtant, le constat est sans appel : en Chine, le prix des modules est 35% moins élevé. Même en tenant compte des économies d’échelle et de main d’œuvre, la cellule française de module coûte 0,7€/Watt de plus. Un avantage compétitif certainement poussé par… des subventions allouées par Pékin. Via PV20, le spécialiste du Blue-Ray veut faire mentir ce constat dès 2011. « Il n’y a pas de fatalité », réagit Loïc de Poix.

Objectif de son nouveau consortium : disposer en 2011 d’un panneau photovoltaïque « made in France » compétitif. Les 4 industriels (MPO, Emix, Semco, Tenesol) et le laboratoire Ines du CEA veulent tout simplement détrôner les géants mondiaux allemands, chinois, japonais. « La France compte 7 à 8 fabricants de modules, qui achètent leurs cellules… en Chine, ou ailleurs », récapitule le patron mayennais de MPO. Parmi eux, Tenesol, Sillia, Fonroche, Auversun, France watts, Solaire Direct, Voltec Solar, et Solarezo. Seule Photowatt, entreprise française intégrée, produit des modules depuis le wafer à partir du silicium, la transformation en cellule, jusqu’à l’assemblage (encapsulation, câblage…). Mais l’usine est loin d’inonder le marché hexagonal. « Le gouvernement incite le consommateur à mettre sur son toit des panneaux assemblés en France mais produits en Chine. C’est délirant ! » souligne Loïc de Poix. Le but n’est pas d’alimenter le déficit du solde extérieur, précisait pourtant le conseiller de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement. « On veut prouver qu’on peut le faire en France » insiste Loïc de Poix.

Outre la performance de la technologie et des matériaux eux-mêmes, des coûts de production dans le process même peuvent être gagnés. A chaque partenaire, son rôle dans l’étape de fabrication, et ses petits secrets pour gagner des points de rentabilité. Pour commercialiser des cellules dès 2011, PV20 entend s’appuyer sur les spécialités de ses membres : lingots et plaquettes de silicium pour Emix, modules et panneaux pour Tenesol, lignes de production pour Semco, métallisation et sérigraphie pour MPO, et enfin recherche fondamentale pour le CEA-Ines.

Une première ligne de production devrait voir le jour en 2011. La capacité devrait ensuite grimper jusqu’à 500 MW en 2020. Dans les 5 ans, les partenaires espèrent ainsi générer un chiffre d’affaires de 540 millions d’euros et créer 490 emplois, dont 59 en R&D et industrialisation.

Reste que MPO dispose d’usines en Thaïlande, où sont fabriqués ses disques et Blue-Ray. De quoi lui permettre, le moment venu, de convertir ces ateliers à l’atmosphère déjà propre (salles blanches) en lignes de production de cellules photovoltaïques. Une tête de pont asiatique rêvée pour alimenter les marchés chinois et indien. A moyen terme, le cocorico prend donc des couleurs plus réalistes : les fabricants de photovoltaïque doivent savoir raison garder. Made in France, d’accord, mais pour la demande française. Il serait trop bête de fermer des usines en Asie et de rater le train de la demande chinoise.

Source : www.usinenouvelle.com, le 25/02/2010

63% des destructions d’emploi dans l’industrie française dûes à la mondialisation !

25 février 2010 par admin Pas de commentaires »

Evolution_emploi_industriel

Depuis 1980, l’industrie française a détruit près de 2 millions d’emplois. Un document de Bercy estime que, entre 2000 et 2007, 63 % de ces destructions sont le fait de la concurrence internationale. Une étude que le ministère de l’Economie assume mal.

A quelques jours de la présentation de son projet de « nouvelle politique industrielle », Nicolas Sarkozy a sans doute eu vent du document de travail publié par la très sérieuse Direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE). Si le Président, qui se rêve comme le meilleur opposant à la  « France sans usine », avait encore des doutes sur l’ampleur de la tâche qui l’attend, les résultats de cette étude ont dû définitivement les dissiper. En 1980, l’industrie au sens large avec ses services attachés, comme l’intérim, employait 6 millions de personnes. 27 ans plus tard, elles n’étaient plus que 4,6 millions. Et à peine 4,1 millions, selon nos calculs à la fin de l’année 2009. 2 millions d’emplois détruits purement et simplement. La faute en revient à la désindustrialisation en marche dans le pays depuis le double choc pétrolier des années 80 et la politique de désinflation de la décennie suivante. Ce phénomène s’est accéléré une première fois depuis 2000, avec la montée des délocalisations dans les pays émergents comme l’analyse l’étude et une seconde depuis la crise de 2007.

Montée de la Chine

« Sur la période 2000-2007, 63 % des destructions d’emplois, soit 282 000 postes temps pleins s’expliquent par la seule concurrence étrangère, contre moins de 45 % sur l’ensemble de la période d’étude », précise Lilas Demmou, l’auteur de l’étude, interrogée par Marianne2. En gros, le rythme des destructions est deux fois plus intense entre 2000 et 2007, un peu moins de 70 000 par an, qu’entre 1980-2000…Et l’économiste de préciser dans son étude: « 104 000, soit 23 % des destructions observées seraient imputables à la concurrence des pays émergents. » Traduction: 2 emplois détruits sur 5 le sont à cause de la Chine et des autres pays dits émergents. Pour le reste, il convient de regarder en direction des pays développés comme l’Allemagne qui a poursuivi, durant les 5 dernières années, une politique de compétitivité pénalisante pour ses concurrents — dont la France.

Mais le mouvement de transfert de la production industrielle dans les pays émergents ne fait que s’amplifier. Depuis juin 2007, on est passé de 70 000 destructions d’emplois annuelles à 120 000.  Christian Estrosi, ministre de l’Industrie et auto-proclamé ministre des ouvriers, a beau faire le pompier. Ses interventions ici et là sur les projets de fermetures de sites des grands noms de l’industrie arrivent toujours trop tard. De la raffinerie de Total à Dunkerque au site de production d’écrans plats de Philips à Dreux, les plans des multinationales sont déjà depuis longtemps sur les rails.

En 30 ans, ces firmes ont muté. Elles ne daignent conserver un outil de production dans les pays développés qu’aux termes d’une analyse de coûts sophistiqués. Elles n’acceptent désormais de produire en France que sur la base de rendements hyper-importants, et par conséquence très peu gourmands en emplois. Regardons dans le détail l’analyse de la DGTPE: pour un milliard d’euros de production industrielle, l’industrie employait 18 500 personnes en 1980, elle n’en emploie plus que 3 900 aujourd’hui. Soit un rapport de 1 à 4,5, deux fois plus vite que les salaires et le PIB !!! Pour cet effort de productivité les salariés n’ont donc perçu qu’une infime partie de cette richesse. Ils ont surtout du assumer la précarisation de leur emploi ou, pire, son transfert dans d’autres pays.

Alors où est passé l’essentiel de ce gain de productivité engendré par cette formidable redistribution des cartes ? Une étude de la banque Natixis lève une partie du voile : 56 %  des exportations de la Chine, le nouvel «atelier du monde», sont à créditer aux comptes des multinationales. Ainsi, l’organisation de la globalisation, depuis les choix des pays de production, jusqu’aux lieux de consommation, en passant par les filiales off shore où sont logés l’essentiel des profits, est-elle pensée pour leur plus grand avantage, et in fine, celui de leurs actionnaires.

Dans son étude la DGTPE le dit à mot couvert. Les Echos, le quotidien économique de référence, n’ont voulu retenir qu’une conclusion tronquée en forme de plaidoyer pro-domo de la globalisation: « la concurrence en provenance des pays à bas salaires n’explique donc qu’une part limitée de la détérioration de l’emploi industriel » ! Pourtant Lilas Demmou, l’auteur de l’étude, conclut, elle, très différemment dans un langage cependant très pudique : «  il apparaît (…) une accélération des destructions d’emplois imputables à la concurrence étrangère dans la dernière décennie. » Plus clair, dans la novlangue de Bercy, tu meurs.

Article écrit par Emmanuel Lévy pour le site http://www.marianne2.fr le 23/02/2010

Les français et leurs marques nationales

22 février 2010 par admin Pas de commentaires »

A l’occasion de son lancement, l’institut d’études online européen Panelteam dévoile les résultats d’une étude sur la passion, réalisée auprès de 10 000 personnes dans 11 pays. Parmi les questions posées, l’une concernait les marques qui déclenchent les passions des européens.

Si les grandes marques internationales telles que Apple (marque la plus « passionnante »), Sony, Coca-Cola, Samsung ou Adidas dominent le classement, il est frappant de noter que les marques « nationales » sont également très présentes :

  • Duwe Egberts (café) est la marque qui passionne le plus les néerlandais
  • Bauli (alimentaire) mais aussi Nutella en Italie
  • Arla (produits laitiers) en Scandinavie
  • Cadbury (confiserie), Marmite (alimentaire) et Sainsbury (distribution) au Royaume-Uni
  • Milka pour l’Allemagne

Et en France, me direz-vous ? C’est là que cette étude devient intéressante. Parce que le quinté gagnant en France ne contient aucune marque française :  1; Sony, 2. Apple, 3. Samsung, 4. Google et 5. Microsoft. Que des marques « high-tech » et américaines ou asiatiques !

De là à en conclure que la France a un petit problème avec ses marques nationales, il n’y a qu’un pas.

Il serait donc temps que la France soit fière de ses entreprises et de ses marques !

Hermès et Chanel renforcent leur présence en France

17 février 2010 par admin 1 commentaire »

Dans le domaine du luxe aussi, la fabrication française reprend des couleurs. Deux projets d’investissements à Pantin sont en cours de réalisation, portés par deux marques emblématiques du luxe « à la française ».

Présent sur Pantin depuis 1994, dans un bâtiment de 30 000 m², Hermès International a ainsi décidé de doubler la surface de ses locaux dédiés à la maroquinerie en construisant 30 000 m² supplémentaires.

Cet espace comprendra un atelier pour l’habillage et le gainage d’objets de dimension exceptionnelle (pièces d’hélicoptère, d’avion, …), un espace de démonstration des métiers de la mode, un deuxième restaurant inter-entreprise et un espace de réception pour le groupe. Actuellement de 500 personnes, l’effectif passera à un millier de salariés. Hermès avait déjà commencé à rapprocher ses équipes du site. Elles sont pour l’instant disséminées dans plusieurs endroits de la commune. Ce nouveau bâtiment devrait être achevé fin 2012.

Ambitieux sur le plan industriel, le projet l’est aussi au niveau urbain. Le bâtiment est en effet situé en plein coeur de Pantin, au pied du métro Hoche. « S’installer en centre-ville entraîne beaucoup de contraintes ; Hermès a opté pour un aménagement que peu d’entreprises ont la patience de mener », estime Samuel Soriano, DGA à l’urbanisme à la Ville de Pantin.

Chanel a également choisi de s’implanter à Pantin sur l’ex-site de la société Papyrus. Une fois cette usine détruite, environ 300 salariés investiront en 2012 un bâtiment de 30 000 m² accueillant le laboratoire de R&D dans la cosmétique et le parfum, un espace de « conservatoire des modèles », et quelques sous-traitants rattachés à Chanel.

Plutôt deux bonnes nouvelles, donc !

Source : L’Usine Nouvelle du 12/02/2010

Relocalisation : Meccano

16 février 2010 par admin 1 commentaire »

Les bonnes nouvelles sont rares, aussi s’agit-il de les apprécier pleinement. Voici celle du jour.

Le fabricant de jouets de construction Meccano vient de décider de relocaliser une partie de sa fabrication aujourd’hui réalisée en Chine. L’objectif est d’augmenter de 20 % sur les deux années à venir la production de son usine calaisienne et d’y fabriquer cinq des neuf gammes du catalogue.

En 2005, l’entreprise avait investi 6 millions d’euros dans la refonte de son outil industriel calaisien et en février 2008, elle avait inauguré à proximité une plate-forme logistique de 16 000 m² exploitée pour son compte par Géodis.

Dans le contexte actuel de la crise mondiale, le marché du jouet révèle une grande stabilité grâce au choix des consommateurs de préserver leurs enfants. Aussi, même si les coûts de production en France restent plus élevés que dans d’autres zones géographiques, Meccano a décidé de miser sur le « made in France » en pensant que les consommateurs seront sensibles à sa démarche. Et surtout, relocaliser en France lui permet de gagner en flexibilité, en réactivité et en coût de transport.

La direction parle de 4 à 8 semaines de transport en moins. Meccano est convaincu qu’un gain de 2 mois sur les délais de livraison optimisera à terme la demande. Cette relocalisation partielle pérennise l’avenir du site calaisien et l’emploi de ses soixante salariés.

Quand on vous dit que le « Made in France » a le vent en poupe !

Source : L’Usine Nouvelle 12/02/2010 – Photo : Jean-Pierre Brunet

11 février 2010 par admin Pas de commentaires »

http://isacile.canalblog.com/archives/2009/12/17/16178295.html

Un peu d’histoire…

2 février 2010 par admin 1 commentaire »

« Le Péril jaune qui menace l’Europe peut donc se définir de la manière suivante : rupture violente de l’équilibre économique international sur lequel le régime social des grandes nations industrielles de l’Europe est actuellement établi, rupture provoquée par la brusque concurrence, anormale et illimitée, d’un immense pays nouveau. »

Qui est l’auteur de cette définition lapidaire résumant parfaitement, à l’exception de son racisme à peine voilé, l’effroi qu’inspire en Occident le formidable développement économique chinois ? L’un des multiples journalistes qui, consacrant jour après jour articles et dossiers au nouveau géant du monde, nous informent de ses performances vertigineuses et toujours dépassées ? Un chef d’entreprise écrasé par la concurrence de produits dont le prix de vente est inférieur de moitié à ses propres coûts de revient ? Le responsable syndical d’une usine venant de fermer ses portes, jetant au chômage ses camarades d’atelier ? L’élu local d’un territoire rendu exsangue par la multiplication des plans sociaux ? Un parlementaire exprimant à la tribune d’une assemblée ses inquiétudes quant à l’avenir industriel du pays ?

Non, l’auteur qui formalise de manière synthétique cette crainte si actuelle et si partagée par nos concitoyens est un économiste français, Edmond Théry, qui concluait de ces mots un de ses ouvrages paru en… 1901*(1) !

La même année, de l’autre côté de l’Atlantique, le Southern Manufacturers Club de Charlotte, en Caroline du Nord, organisait un colloque sur la menace des importations de textiles en provenance d’Asie.

Ainsi, il y a cent ans, au plus fort de la révolution industrielle, au tournant d’un siècle où les puissances occidentales avaient assuré leur domination du monde par le moyen de l’industrie et du commerce autant que par la force militaire et le colonialisme, les opinions publiques européennes et américaine étaient alertées avec la même vigueur qu’aujourd’hui des risques de la mondialisation.

Plus que de vigueur, c’est de violence qu’il s’agissait même à l’époque : qu’on se rapporte, par exemple, aux écrits (*(2)) et aux discours (*(3)) de M. d’Estournelles de Constant, député de la Sarthe et infatigable pourfendeur du péril chinois, convaincu qu’en favorisant le développement économique de l’Empire du Milieu pour des profits immédiats, les industriels occidentaux tressaient la corde qui allait bientôt les pendre : « Sans doute, au début, [la Chine] achètera ses machines à l’étranger pour se mettre en train ; mais, aussitôt outillée – et cela va vite -, elle s’empressera de fabriquer à son tour des produits européens ; elle retournera contre nous nos propres machines. (…) Seulement, ses avantages seront tels que nous ne pourrons pas soutenir la concurrence. (…) Enfin, et surtout, elle utilisera la plus incomparable et la plus avantageuse des mains-d’oeuvre ; elle emploiera l’ouvrier chinois ; elle le payera cinq sous, tandis que nous payons les nôtres, en Europe et en Amérique, jusqu’à cinq francs et davantage. Mais elle ne se contentera pas d’écarter nos produits. Elle nous vendra les siens. De la défensive, elle passera promptement à l’offensive et c’est nous qui organiserons son attaque. Nous l’avons déjà commencé ! ».

Les accents martiaux de cette conclusion n’étaient pas qu’une figure de style puisque, comme « conséquence dernière de la mise en valeur de la Chine », c’est rien moins que l’anarchie et la guerre que dessinait pour avenir à l’Occident et au monde M. d’Estournelles de Constant.

Malice de l’Histoire, c’est un autre élu de l’ancienne province royale du Maine qui, à un siècle de distance, a fait renaître dans notre pays le débat public sur les difficultés auxquelles expose une concurrence internationale débridée et, singulièrement, l’ouverture des marchés à de nouvelles puissances industrielles. Dans un rapport parlementaire présenté en 1993, M. Jean Arthuis, sénateur de la Mayenne et alors rapporteur général du Sénat, dénonçait en effet l’absence de régulation mondiale et les faiblesses de l’économie française qui, conjointement, risquaient d’accélérer les délocalisations d’entreprises françaises à l’étranger, en particulier dans les pays émergents aux normes sociales et environnementales inexistantes, et de détruire ainsi notre outil industriel.

Comme on le voit, il semblerait donc que le débat qui nous agite depuis quelques années soit tout sauf nouveau. Mais cette fois-ci, faudra-t-il attendre qu’une guerre mette l’économie à terre, puis qu’une nouvelle économie renaisse, pour repartir encore une fois vers les mêmes.pratiques, les mêmes dérives ? L’Histoire et l’Économie ne seraient-elles qu’un éternel recommencement ? Ne pourrait-on pas tirer quelques leçons du passé pour tous progresser vers une organisation mondiale plus sereine ?

*(1) Le Péril jaune – Edmond Théry, directeur de l’Economiste européen – Editions Félix Juven – Paris – 1901.

*(2) Le Péril prochain – l’Europe et ses rivaux – La Revue des Deux Mondes – 1er avril 1896 ; Concurrence et Chômage - La Revue des Deux Mondes – 15 juillet 1897 ; Le Problème chinois – La Revue Politique et Parlementaire – 10 novembre 1900.

*(3) Interventions à la Chambre des députés du 7 février 1898 et du 8 décembre 1899.