Le marché français de la chaussure retrouve quelques (timides) couleurs

12 avril 2011 par admin 2 commentaires »

EmpreinteEn 2010, la chaussure s’est plutôt mieux portée que le prêt-à-porter, avec des ventes en hausse de 2,6% pour atteindre 8,6 milliards d’euros, selon Chaussure de France, la fédération professionnelle. Au total, ce sont 349 millions de paires qui ont été vendues en France.

2010 marque donc un rebond du marché de la chaussure, après deux années de recul, respectivement de 1,6 % en 2008 et de 0,7 % en 2009. Malheureusement, ce sont, comme d’habitude, les importations qui ont le plus progressé, enregistrant une hausse de 15 % en un an pour frôler les 4,4 milliards d’euros, du jamais vu ! Au premier rang des fournisseurs de chaussures en France, on retrouve bien sûr la Chine, qui représente à elle seule 58% des volumes écoulés. Suivie, loin derrière, par l’Italie et le Vietnam (entre 7 et 8 % chacun).

Après quinze (et même plutôt trente) ans de crise du secteur, les effectifs de la filière française de la chaussure sont passée de 62.300 salariés en 1980 à 28.500 en 1996, pour atteindre un triste record en 2010 avec 7.000 salariés « rescapés » !  Or 2010 est la première année pour laquelle plusieurs signaux positifs ont pu être aperçus.

Tout d’abord, la production française a connu une hausse ! Oui, oui, le nombre de chaussures produites par des entreprises françaises a augmenté de 3 % pour s’établir à 27 millions de paires (contre 199 millions en 1985) et le chiffre d’affaires a cru quant à lui de 4 % à 885 millions d’euros. Une petite division (CA/production) nous conduit donc à un prix moyen de la paire de chaussures françaises qui tournerait autour de 32,8 euros… Vous en connaissez beaucoup, vous, des chaussures Made in France vendues à ce prix ? A part des espadrilles, fabriquées du côté de Mauléon (64), il n’y en a guère. Une paire de chaussures réellement fabriquée en France tourne plutôt autour de 100 euros minimum, voire beaucoup plus pour certaines marques positionnées sur le très haut de gamme. Cela signifie donc que derrière ces chiffres « encourageants », se cachent principalement des créateurs-distributeurs de chaussures, certes implantés en France, mais dont la production est bien souvent délocalisée en Tunisie (quatre fois moins chère qu’en France) ou en Chine (vingt fois moins chère !), ou encore au Bangladesh. Et, lorsque ces entreprises produisent en France, il s’agit souvent juste des prototypes et éventuellement d’un peu d’assemblage.

Bien sûr, il reste encore une poignée de véritables fabricants de chaussures français, dont le positionnement sur certains segments de marché permet de conserver la totalité ou une grande majorité de la fabrication dans l’Hexagone. Il y a le luxe, bien entendu, avec des marques connues (mais pas à la portée de toutes les bourses !) telles que Weston, Clergerie (qui vient par ailleurs d’être rachetée par un fond chinois, qui se serait engagé à maintenir la production et les emplois en France) ou Repetto. Il y a également le segment de la chaussure dite de confort, à l’image des Chaussures Samson (marques Elantine, Ombelle, Artika et Hasley), celui de la chaussure sur-mesure ou encore de la chaussure personnalisable avec de jeunes entreprises qui se sont lancées sur ce créneau, comme Tibbs Deville.

Lorsque la production française connaît une hausse, les chiffres rendus publics (volumes et chiffre d’affaires) ne permettent donc pas de savoir si la part de chaussures vraiment fabriquées en France progresse… Mais, si l’on en croit les déclarations de Jean-Pierre Renaudin, le Président de la fédération, il n’y a guère d’illusions à se faire : « Nous avons atteint le fond de la piscine, estime-t-il. Désormais, il faut conserver cet équilibre entre des marques restées en France, qui sous-traitent en partie à l’extérieur, et conservent sur le territoire le montage, la fabrication de la première collection et le bureau d’étude ».

Un point positif, néanmoins : le style français est très apprécié à l’international. Ce que confirme Jean-Pierre Renaudin, et ce qui apporte une bouffée d’oxygène aux marques Made in France. L’an dernier, les exportations tricolores ont bondi de 17 %, à 1,5 milliard d’euros. Chaussures Samson, le leader français de la chaussure de confort, illustre parfaitement ce nouveau débouché. L’entreprise a en effet misé sur l’export pour étoffer ses ventes. Parti de zéro il y a trois ans, le groupe choletais réalise aujourd’hui 20 % de ses 15 millions d’euros de chiffre d’affaires hors de France, grâce à cinq commerciaux et à une dizaine d’agents. « Le made in France est un argument commercial immense pour nous », insiste Bernard Quenehervé, le patron de Samson et de ses 180 salariés. C’est donc ce socle industriel que Chaussure de France veut préserver dans l’hexagone. Pour cela, la fédération va créer d’ici à la fin de 2011 une pépinière d’entreprises, afin d’aider les jeunes à se lancer. Les candidats se pressent au portillon.  Ils disposeront d’un atelier pour les prototypes à Romans (Drôme) et la production se fera à Cholet (Maine et Loire). L’aide à la gestion se fera à Paris.

Des discussions sont aussi en cours pour que la fédération se porte caution auprès des banques afin de soutenir le développement de jeunes entreprises. «Le maillon stratégique dans la chaîne de valeur n’est plus la compétitivité, mais la création, et l’identification d’une collection à travers une marque. C’est ce savoir-faire qu’il faut garder », insiste Jean-Pierre Renaudin.

Il faudra également veiller à conserver le savoir-faire des ouvrières et ouvriers de la chaussure en France, ainsi que des métiers périphériques, sans lesquels les entreprises produisant dans l’Hexagone risquent de rencontrer bientôt de véritables problèmes de recrutement. Sans compter que beaucoup d’ouvriers licenciés se sont reconvertis et ne veulent plus entendre parler de cette industrie. Au moment où la chaussure française semble vouloir retrouver quelques couleurs, certes pâlichonnes mais bien réelles, il serait quand même particulièrement navrant que les entreprises soient freinées dans leurs ambitions faute de personnel qualifié.

Et dernier signe encourageant pour 2010, une relocalisation, et même une double relocalisation ! Celle de Charles Jourdan et Stéphane Kélian, deux marques emblématiques de Romans-sur-Isère et dont les histoires respectives sont jalonnées de liquidations, licenciements, délocalisations (Portugal, Espagne, Italie). En 2007, le Groupe Royer entre dans le jeu et rachète Stéphane Kélian puis, en 2008, Charles Jourdan. Curieusement, Royer, qui détient de nombreuses marques dont Kickers, les baskets Converse, ou Keds, et qui produit à 85 % en Asie, réinvestit Romans en 2010. Le groupe y produit aujourd’hui l’ensemble des modèles de ces deux marques de luxe. Bon, la rentabilité n’est pas encore au rendez-vous, mais Royer s’est donné jusqu’à fin 2011 pour y parvenir. Croisons les doigts !

Le secteur de la chaussure semble donc vouloir sortir de la crise dans laquelle il s’est enlisé depuis bien des années. La France ne retrouvera vraisemblablement jamais (en tous les cas, pas à court ni à moyen terme) de production de masse, mais il lui reste néanmoins une carte à jouer dans le domaine du moyen et du haut de gamme. Une opportunité à saisir rapidement, avant qu’il ne soit trop tard…

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Aston, une relocalisation gagnante !

17 mars 2011 par admin 2 commentaires »

TNTLes relocalisations, on en parle, mais il faut bien reconnaître qu’on a un peu de mal à trouver des exemples. Alors, quand il y en une qui passe, tout le monde se jette dessus ! Surtout lorsqu’il s’agit, en plus, d’électronique grand public, l’un des secteurs d’activités les plus délocalisés en Asie.

La relocalisation qui fait parler d’elle en ce moment concerne donc une PME française, Aston, d’une trentaine de salariés fabriquant des décodeurs satellites, à la fois pour la télévision payante et pour la TNT. Une entreprise qui bénéficie directement de l’appel d’air créé par le passage au tout numérique.  « Encore 15% des foyers français ne reçoivent pas la TNT et ont besoin d’un décodeur satellite », explique Stéphane Nitenberg, son directeur général. À chaque fois qu’une région bascule au numérique, une petite panique se crée, les ménages qui constatent au dernier moment qu’ils n’ont plus la télévision se ruent alors dans les magasins pour acheter la petite boîte magique. C’est justement pour répondre à cette demande qu’Aston a décidé de revoir son modèle de production.

Jusqu’à présent, Aston fabriquait ses décodeurs dans sa propre usine, en Corée du sud. Mais en terme de réactivité, le délai de quatre mois entre la commande et la livraison, dont six semaines de bateau rien que pour le transport, ne lui permettait pas de répondre assez rapidement à cette demande instantanée. Il y avait bien l’avion, mais cela faisait passer le coût du transport de 1 à 15 euros. Absolument pas envisageable !

Aston a donc choisi de rapatrier en France sa production pour le marché français, en montant un partenariat stratégique avec la société AsteelFlash, basée à Duttlenheim, près de Strasbourg. Ce sous-traitant alsacien est capable, en produisant dans son usine de 4 000 mètres carrés (130 personnes dont une centaine à la production), de fournir des appareils à un coût global inférieur à ceux fabriqués en Corée. Car si l’usine asiatique, grâce à sa main d’œuvre bon marché, produit à un coût inférieur, d’autres éléments entrent en ligne de compte.

Tout d’abord, la main d’œuvre ne représente que 15 à 20 % de la valeur du produit, limitant déjà l’impact d’une relocalisation. Mais le facteur d’économie le plus important est réalisé sur les droits de douane. Ils s’élèvent à 20 % sur les produits finis, et à seulement 2 % sur les composants. Les composants stratégiques utilisés par Aston viennent d’Europe de l’Est et d’Italie, et ceux à faible valeur ajoutée viennent d’Asie. Enfin, l’usine d’AsteelFlash a mis en place une production mieux optimisée et plus automatisée, en particulier au niveau du contrôle en bout de chaîne. Sans compter une meilleure collaboration lors des phases de développement rendue possible grâce à la proximité géographique.

Bilan de cette opération : un gain de 15% sur le prix du produit, et une vingtaine d’emplois induits chez le sous-traitant alsacien !

Actuellement, AsteelFlash assure la fabrication des produits d’Aston pour la moitié des besoins du marché français. Un ratio qui pourrait évoluer en faveur de la France, d’autant que les deux partenaires travaillent déjà sur d’autres projets. AsteelFlash reste cependant attaché à garder une pluralité de clients, Aston représentant aujourd’hui environ 10 % de son activité.

Il n’y a peut-être pas là matière à généraliser, mais il y a fort à parier que le même genre d’exercice pourrait conduire bien des entreprises à reconsidérer leur délocalisation. Mais encore faudrait-il qu’elles le souhaitent, après avoir essayer de convaincre tout le monde que la délocalisation était la seule solution pour survivre, il est peut-être un peu difficile d’admettre qu’elles auraient pu se tromper…

Rappelons enfin pour les retardataires que le passage au numérique sera généralisé à toute la France d’ici fin 2011 (autant dire demain !), et qu’il existe une solution Made in France permettant de capter ces chaînes sans abonnement au câble ou au satellite. Cette solution s’appelle Antengrin, elle est discrète, efficace, ultra simple à installer et bien sûr fabriquée en France !

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Et si le gouvernement se fichait de l’emploi industriel ?

14 mars 2011 par admin 1 commentaire »

Article rédigé par Francis Journot*

ConfectionL’incohérence du financement de l’assistance au lieu du financement de l’activité

Nicolas Sarkozy prétend que la suppression de l’ISF évitera les délocalisations et la fuite des capitaux comme il l’avait également promis lors de l’instauration du bouclier fiscal, mais aujourd’hui la production de la plupart des secteurs de l’industrie est déjà délocalisée ! Par ailleurs, les français ne sont plus dupes et selon le sondage IPSOS du 25/11/2010, 70 % de nos concitoyens ont compris que la crise ne faisait que commencer et 59 % d’entre eux pronostiquent une accélération des délocalisations qui s’accompagnera inévitablement d’une importante hausse du chômage. Aujourd’hui, les investisseurs s’intéressent surtout aux pays à bas coûts et qui peut  encore croire que ceux-ci reviendront un jour financer l’industrie manufacturière française ou que les banques multinationales vont subitement décider d’investir massivement dans un pays au coût de main d’œuvre élevé. Cela n’arrivera probablement jamais et nous pensons que l’état ne doit pas soumettre  l’avenir de l’industrie et de millions de nos concitoyens, au bon vouloir des investisseurs. De même, Il est anormal que la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) principal pourvoyeur de fonds du capital investissement et gestionnaire de 250 milliards d’euros d’argent public, n’investisse pas dans des projets manufacturiers créateurs d’emplois en France. Si le Gouvernement veut réellement relancer la croissance et faire baisser le chômage, il doit pour cela, financer de grands projets industriels manufacturiers, seules activités potentiellement créatrices de centaines de milliers d’emplois, au lieu d’entretenir la précarité avec plus de 100 milliards d’euros de dépenses pour l’emploi par an.

En effet, un financement de l’état par l’intermédiaire de la CDC, permettrait de repenser notre industrie et de contribuer au financement des nouveaux outils de fabrication et de distribution de demain. Par ailleurs, le coût des dépenses par demandeur d’emploi est supérieur à 25 000 euros par an et l’économie pour la collectivité serait considérable. En outre, la CDC, pourrait rester propriétaire d’une part de ces nouvelles moyennes ou grandes entreprises jusqu’à leur rachat par l’entrepreneur ou par des tiers, comme dans la plupart des opérations de financement de création d’entreprise par capital investissement.

Selon vous, l’Etat peut-il continuer à dilapider l’argent des contribuables dans le puits sans fonds de l’assistance comme il le fait depuis de nombreuses années ou doit-il dès maintenant changer de politique et privilégier l’activité en permettant l’émergence de projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois ?

Le NAIRU est il partiellement responsable de notre taux de chômage élevé ?

Le NAIRU (non accelerating inflation rate of unenployement) est le taux de chômage minimum indiqué pour chaque pays par l’OCDE afin d’éviter l’inflation. Le taux de chômage minimum préconisé pour la France oscillait ces dernières années entre 8.3 % et 9 %. En clair, l’OCDE et la BCE indiquent que le gouvernement doit maintenir au moins entre 8.3 % et 9 % de nos concitoyens au chômage. Plus le nombre de chômeurs, travailleurs à temps partiel et intérimaires est élevé avec pour conséquence des salaires qui stagnent ou reculent, plus les capitaux sont valorisés et à l’abri de l’inflation. Le taux de chômage français est depuis de nombreuses années très élevé et faut-il penser qu’une attitude zélée de notre gouvernement puisse être l’une des causes de ces chiffres alarmants ? Il est légitime de s’interroger : Pourquoi le gouvernement n’a t-il pas davantage lutté ces dernières années contre les délocalisations ? Pourquoi ne favorise t-il pas non plus l’émergence de projets industriels manufacturiers comme celui que nous lui soumettons depuis 2 ans et qui pourtant pourrait créer des milliers d’emplois ?  Aujourd’hui notre pays est confronté à une crise de l’emploi sans précèdent avec 2 millions de personnes au RSA, 4.9 millions d’inscrits à Pole Emploi et Il serait peu compréhensible que le gouvernement continue à suivre encore des recommandations de NAIRU. Alors incompétence ou volonté de maintenir du chômage ? Si le gouvernement avait mené une politique sérieuse pour l’emploi, il est probable que le taux de chômage ne serait pas aussi éloigné du taux structurel que les économistes estiment généralement à 5% de la population active.

L’absence d’une vraie politique de l’emploi

Lorsque l’on examine le bilan de l’action du secrétaire d’Etat à l’Emploi depuis 2007, on ne voit qu’un recyclage de vieilles recettes d’aides à l’embauche qui n’ont jamais permis de freiner le chômage. Le bilan du ministre de l’Industrie, Christian Estrosi ne semble pas meilleur et on cherche en vain des mesures qui aient permis de créer ou sauver des emplois industriels. Pourtant, celui-ci a déclaré « Je suis fier de mon bilan »

Laurent Wauquiez, qui s’est également délivré un généreux autosatisfecit pour sa politique de l’emploi, s’est surtout employé durant sa mission, à édulcorer constamment la situation dramatique du marché de l’emploi.

Cette attitude politicienne a surtout eu pour effet de sous-évaluer les besoins financiers et matériels de Pôle Emploi. L’établissement public administratif qui n’a jamais bénéficié d’une image d’efficacité auprès des demandeurs d’emploi, a donc vu de surcroît ses effectifs  submergés par une charge de travail multipliée par 2 ou 3 et des chômeurs plus que jamais confrontés à une administration qui les radient arbitrairement de plus en plus  souvent et ne dispose que de très peu de temps pour les recevoir.

Nous avons adressé à Laurent Wauquiez, notre projet industriel et commercial de textile-habillement, potentiellement créateur de nombreux emplois à Troyes et Romilly sur Seine, mais sans doute peu soucieux du chômage des ouvrières du secteur de l’habillement, celui-ci à  expédié notre projet à un autre ministère.

Laurent Wauquiez a semble t-il préféré se consacrer à la signature d’accords dans les secteurs de la vente directe et de la sécurité, aussi incongrus qu’inutiles qui selon lui, devaient créer 100 000 emplois de vendeurs à domicile de produits « Herbalife », « Tupperware » ou abonnements divers  et 100 000 emplois de vigiles.

Si l’emploi, et plus particulièrement l’emploi des jeunes et des seniors est réellement la priorité absolue du gouvernement ainsi que Nicolas Sarkozy et François Fillon l’ont encore affirmé en novembre 2010, il semble évident que l’état doit mobiliser des capitaux vers des projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois, susceptibles de former un public jeune et de réemployer des seniors expérimentés au lieu de financer par le biais de la Caisse des Dépôts et Consignations, des projets qui ne créent la plupart du temps que des emplois dans les pays à bas coûts ou l’achat inutile d’une chaîne de restauration rapide comme « Quick » pour 800 millions d’euros.

Les états généraux de l’industrie de 2010, qui nous apparaissent plutôt comme des états généraux de la désindustrialisation, ont défini des priorités qui précisément ne créent pas d’emplois industriels manufacturiers en France et condamnent à une disparition certaine, l’industrie du textile-habillement, autrefois secteur industriel offrant le plus grand nombre d’emplois, au profit du secteur du luxe et de celui de la création qui n’est pourtant qu’une composante de l’industrie de l’habillement.

Le luxe est surtout représenté par des grands groupes qui, malgré des marges déjà indécentes, ont déjà délocalisé une part très importante de leur production et accélèrent encore ce rythme.  Déjà, dans un article de challenges.fr du 28/08/2007, Maxime Koromystov, professeur à l’Institut commercial de Nancy et spécialiste des délocalisations dans le luxe, dévoilait : « le champ des marques de luxe   »Authentiques » se réduit comme peau de chagrin. La part de la production délocalisée reste cependant impossible à chiffrer, 30 % ? 60 % ? 70%, voire plus ? Les estimations varient énormément selon le segment d’activité concerné. ».

La délocalisation massive du textile habillement

Il semble que le gouvernement ait renoncé à sauver ce qu’il reste de nos industries manufacturières françaises qui employaient autrefois des millions de salariés. Il parait se satisfaire aujourd’hui de la vente de quelques Airbus ou centrales nucléaires à la Chine ou à l’Inde dont le transfert de technologie leur permettra à l’avenir de les fabriquer eux même. Pourtant il eut été plus avantageux pour notre économie et notre balance commerciale de garder nos usines au lieu de nous contenter aujourd’hui de quelques contrats qui ne compensent pas la délocalisation massive de notre industrie car le déficit commercial de l’Europe avec la Chine s’élève à 200 milliards d’euros.

De même, Il est parfaitement illusoire et quelque peu naïf de penser que la Chine va offrir généreusement son marché intérieur à des entreprises françaises qui importeront leurs produits chez elle. La Chine a besoin d’emplois et de croissance et demain encore davantage qu’aujourd’hui, ce seront des entreprises chinoises qui produiront ses biens de consommation. Actuellement, les entreprises françaises qui veulent s’installer sur le sol Chinois sont obligées de signer un « joint-venture » avec plus de 51 % de parts consenties à leurs associés locaux et de nombreuses entreprises françaises ont été évincées après avoir livré leur savoir-faire. Les quelques grands groupes français bien implantés, fabriquent avec de la main d’ oeuvre locale et payent leurs impôts et taxes sur place et cela ne rapporte rien à la France.

Il faut remonter quelques années en arrière pour comprendre comment l’industrie du textile-habillement a pu être réduite à néant  en quelques années.

En 2002, Guillaume Sarkozy, fervent partisan des délocalisations, Président de l’UIT (Union des Industries Textiles), Vice-président du MEDEF et dont le frère, Nicolas Sarkozy occupait alors, le poste de Ministre de l’Économie, déclarait « Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants : la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution. » (L’Expansion 28/11/02).

Une telle déclaration ne pouvait qu’encourager les dernières entreprises de textile et d’habillement à délocaliser.

En avril 2004 à Shanghai, au moment où l’industrie du textile s’apprêtait à perdre encore 17 000 emplois lors de la fin des quotas textiles de janvier 2005, Jean Pierre Raffarin (UMP), alors Premier ministre estimait que la Chine était   »un acteur responsable de l’économie mondiale », laissant ainsi entendre qu’elle pourrait auto limiter ses exportations textiles en pleine expansion. (Source : TF1 news 24 avril 2005). 6 ans ½ plus tard, les dizaines de milliers d’ouvrières licenciées ont pu apprécier !

L’ami candide de la Chine, ne devrait cependant pas ignorer que ce concurrent économique qui a broyé notre industrie avec l’aide des industriels français et la bénédiction des derniers gouvernements, ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

Le dévoué VRP de l’empire du milieu entend maintenant nous faire partager la conception des droits de l‘homme du pays de l’esclavage capitalo-communiste et tente de nous convaincre que seule l’Asie  sera capable d’offrir un avenir aux jeunes générations et aux entreprises françaises.

Sans doute ne sommes nous pas tous prêts à  voir la France  devenir un pays vassal, même si les dirigeants Chinois pensent déjà que nous sommes un pays faible, prêt à lui obéir et à renier nos valeurs pour obtenir quelques contrats.

L’indifférence du Gouvernement face à un projet de création de plusieurs milliers d’emplois

Nous travaillons depuis plus de 5 ans sur ce projet de textile-habillement dont le modèle économique pourrait permettre de redonner rapidement du travail à plusieurs milliers d’ouvrières et  pourrait créer à terme encore plusieurs dizaines de milliers d’emplois en France. Cela peut paraître ambitieux, mais il faut rappeler que ce secteur d’activité réalise actuellement un chiffre d’affaires annuel de 41 milliards avec des articles majoritairement importés et employait  auparavant 1 million de personnes en France. Depuis 2 ans, nous avons présenté notre projet à plusieurs ministères, secrétariats d’Etat, ainsi qu’au département de capital investissement de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Nous avons également rencontré des élus et des hauts fonctionnaires, mais malgré l’intérêt ou la curiosité que le projet a suscité, ces nombreuses démarches n’ont pas permis une avancée significative. Aussi, dans un courrier du 10 septembre 2010, nous avons demandé à Nicolas Sarkozy, de soutenir notre projet auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations, mais l’Elysée à préféré «  botter en touche » en adressant notre projet à un secrétariat d’Etat. Nous doutons que le Gouvernement veuille vraiment créer de l’emploi dans l’industrie manufacturière et accepte de financer l’activité. Le manque de suivi de notre projet industriel et commercial, nous porte à croire qu’il est plus probable que le gouvernement choisisse de continuer à financer l’assistance, qui pourtant a pour effet de maintenir les gens dans la précarité et la pauvreté, sources principales de délinquance et d’insécurité. A n’en point douter, la sécurité servira encore de thème central et récurrent à la prochaine campagne présidentielle, au détriment de l’emploi,  première préoccupation des français.

* Francis Journot est à l’origine de « Vêtements Made in France« , un projet important de fabrication française dans le domaine du textile et de la confection.

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Fin de la transparence sur les prothèses dentaires !

11 mars 2011 par admin 1 commentaire »

DentisteVotée il y a deux par les sénateurs, l’article 57 de la loi HPST (hôpital, patient, santé, territoire) qui obligeait les dentistes à indiquer sur leurs devis le prix auquel ils avaient acheté la prothèse proposée au patient vient d’être vidé de sa substance. Grâce à un amendement de Gilbert Barbier (Rassemblement démocratique et social européen), les dentistes n’auront plus qu’à indiquer le prix vendu au patient.Ce qui fait une sacrée différence en terme d’information du patient et de transparence !

Les dentistes avaient déjà obtenu l’année dernière que soit retirée de la loi dite Bachelot l’information concernant l’origine géographique des prothèses. Or, sur les six millions de prothèses posées chaque année en France, deux millions seraient fabriquées à l’étranger, en Chine, au Maroc, en Hongrie ou encore à Madagascar. Avec bien entendu des prix de revient largement inférieurs à ceux pratiqués par les prothésistes dentaires qui les fabriquent en France. Par exemple, une céramique sur métal non précieux vendue 120 euros au dentiste par un prothésiste « Made in France » se trouve à 16 euros en provenance de Chine ou 25 euros de Tunisie !

Les professions dentaires, qui ont refusé jusque-là d’appliquer la loi de 2009, peuvent se frotter les mains. Il n’y a plus qu’à attendre le vote des députés qui vont, Xavier Bertrand l’a déjà annoncé, « revenir eux aussi sur le sujet »…

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Des bérets Made in France pour les militaires

8 mars 2011 par admin Pas de commentaires »

BeatexBeatex Prod est le dernier fabricant de bérets « Made in France », et il vient d’obtenir l’homologation nécessaire pour participer aux appels d’offres destinés à fournir les armées des 28 pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Un petit code de quatre chiffres qui offre à l’entreprise d’Oloron Sainte-Marie, dans le Béarn, de nouvelles perspectives de développement.

Avec un effectif de 55 personnes (400 personnes à son apogée, tombé à 24 en 2008), Beatex produit déjà 400 000 bérets par an, pour moitié pour les militaires et pour l’autre moitié pour la mode femme. Grâce à cette homologation, Beatex a déjà pu investir dans de nouvelles machines à tricoter et embaucher quatre couturières.

Confectionnés avec de la laine Mérinos issue du Tarn et Garonne, les bérets Beatex sont tricotés pièce par pièce sur des « métiers à tricoter » et commercialisés sous la marque Laulhère, du nom du fondateur de la société qui, dans les années 60, lança la fabrication de bérets militaires et de casquettes pour se diversifier du seul béret basque. L’entreprise, reprise par Pierre Lemoine après un dépôt de bilan en 2008, réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros. Chiffre d’affaires qui devrait augmenter grâce aux commandes passées par l’armée française. Et en 2010, Beatex Laulhère s’est aussi lancé à l’assaut du marché américain en créant une filiale de distribution « Laulhere US » à Boston.

D’excellentes nouvelles pour le « Made in France » !

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Luxe et mondialisation

24 février 2011 par admin 4 commentaires »

louis-vuitton-trash-bag

Délocalisation, mondialisation… Visiblement, les mots embarrassent. Dans les magasins des grandes marques de luxe, il est des mots à ne pas prononcer ! Les vendeurs et vendeuses, visiblement recrutés dans les meilleures agences de mannequins, possèdent un discours bien rodé, émaillé de quelques mots-clés tels que « fabrication artisanale », « savoir-faire traditionnel », « qualité de fabrication », « finitions impeccables »… Les délocalisations ? Rares sont les marques qui osent l’avouer.

Comme l’américain Coach, qui assume la confection 100% chinoise de ses sacs cabas en cuir craquelé à 600 euros, l’allemand Hugo Boss, dont 4% des costumes viennent du nord de Shanghai, ou le très british Burberry, qui a troqué son site historique de Treorchy, au pays de Galles, pour une usine près de Canton. Mais pas de ça chez Louis Vuitton, Gucci, Dolce & Gabbana ou Armani, vous dira-t-on. Sauf que la réalité n’est pas aussi lisse…

Car comme tout le monde, les marques de luxe cherchent à réduire les coûts. Non, non, pas ceux sur les étiquettes dans les boutiques… mais les coûts de fabrication. Parce que pour ce qui est de l’étiquette, rien ne change. Exemple : Kenzo, l’une des filiales de LVMH. En 2007, ses complets cintrés à 930 euros étaient fabriqués par le fournisseur ECCE à Prouvy, dans le Nord. Aujour­d’hui, ils sont aussi chers. Mais l’essentiel provient de la banlieue de Cracovie, en Pologne. Tout comme ceux de Givenchy, autre marque de LMVH. Salaire moyen des ouvrières polonaises : 200 euros par mois. « Même pas le cinquième de ce que nous gagnons », calcule Marie-Hélène Bourlard, l’ancienne déléguée CGT d’ECCE, qui a fait le voyage « pour voir ». « Il faut avouer que la qualité est ­toujours irréprochable : leurs machines sont même plus modernes que les nôtres ! »

Raison souvent invoquée pour justifier d’une délocalisation, l’explosion de la demande a conduit bien des marques prestigieuses à remplacer les petites mains agiles de leurs ouvrières par des machines à coudre ne nécessitant plus de savoir-faire particulier, et donc facilement transposables dans des pays où la main d’œuvre est bien meilleur marché.

Dans « Luxe & Co », un livre décapant sur les coulisses de la mode, l’Américaine Dana Thomas va plus loin : elle révèle comment une usine chinoise de Dongguan, au nord de Shenzhen, débite du sac de luxe à la chaîne. Entassées sur cinq étages, des centaines de jeunes femmes en chemisier bleu pâle répètent les mêmes tâches plus de douze heures par jour, avant de rejoindre le dortoir en face du bâtiment. Un groupe colle les pochettes, un autre donne du marteau sur les rabats, le troisième assemble les éléments. Production mensuelle : entre 15 000 et 20 000 articles, dix fois plus, par exemple, que les ateliers Chanel de Haute-Vienne. Et cet établissement travaille exclusivement pour des marques de luxe. Lesquelles ? Secret-défense. Avant de pénétrer dans le bâtiment, Dana Thomas a dû signer un contrat de confiden­tialité auprès du fabricant…

Quoi qu’il en soit, même prises la main dans le sac, les marques disposent de services de communication qui ont réponse à tout ! Les économies réalisées sur la fabrication ? Elles sont réinvesties dans la créativité, bien sûr ! Ils oublient juste de parler des rémunérations des dirigeants et des actionnaires, des budgets de publicité colossaux et qui ont déjà dépassé les niveaux records d’avant la crise, avec 1,4 milliards de dollars investis au 1er semestre 2010. Ou encore des magasins pharaoniques que chaque marque se doit de posséder sur les plus belles avenues du monde. Des magasins dont l’objectif n’est d’ailleurs pas d’être rentables, mais juste d’en mettre plein les yeux (les magasins en propre ne représentent que 27 % des ventes, le reste se faisant en réseau multimarques). Et tant pis s’il s’y vend plus de porte-clefs que de robes de soirée….

Et bien sûr, ces petites délocalisations ne concernent que des lignes secondaires. Enfin, pour le moment… Le groupe Giorgio Armani continue ainsi de se réclamer du « made in Italy », mais concède que ses cardigans Armani Exchange (80 euros) sont confectionnés en Tunisie et en Egypte. Idem chez Dolce & Gabbana, dont la haute couture vient de Vénétie, tandis que les caleçons de bain à 115 euros de la ligne pour jeunes D&G arrivent tout droit d’Egypte.

Autre excuse communément avancée : elles sont obligées d’aller chercher ailleurs les savoir-faire qu’elles ne trouvent plus en France. Ben voyons ! Quels savoir-faire trouve ainsi Louis Vuitton dans ses usines roumaines ou indiennes ? Et Hermès, qui fait roulotter et faire le dernier ourlet de ses célèbres carrés à Madagascar, ou qui sous-traite ses boucles de ceintures (à 500 € la ceinture) au Niger ?

Même s’il faut reconnaître que ces deux maisons font encore travailler de nombreux ouvriers en France. Vuitton avec l’ouverture de son 12ème site de fabrication dans la Drôme en ce début 2011, et Hermès avec ses 22 manufactures et 4000 personnes en France.

Cela dit, pour fabriquer à bas coût sans risquer de perdre le précieux « Made in Italy », rien de mieux que de sous-traiter à un confectionneur italien ayant pignon sur rue, qui lui-même sous-traitera à un atelier low cost (employant souvent des clandestins chinois payés 20 euros par jour) en Toscane ou en Vénétie, à l’image de ceux qui fleurissent à Prato. On appelle cela le made in Chinitaly. L’ennui pour les marques, c’est que ce filon commence à faire jaser, avec les articles dans la presse et les reportages à la télé. L’un de ces reportages montrait par exemple des sacs Versace, Prada et Bottega Veneta au milieu des ateliers clandestins. Prix de gros : entre 20 et 30 euros, contre plus de 3 000 euros en magasin… Du coup, la garde financière italienne multiplie les descentes. En novembre dernier, la brigade d’Empoli a ainsi démantelé 29 sites qui travaillaient pour neuf marques italiennes. « Ne me demandez pas de noms, déclare Roberto Lauretta, le capitaine de la compagnie. Mais sachez que ces ateliers chinois fabriquaient à la fois pour de vraies marques et pour le marché de la contrefaçon ! ».

On comprend mieux pourquoi ces grandes marques de luxe ont besoin de dépenser des milliards pour essayer de nous faire rêver !

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Entreprises « Made in France » cherchent repreneurs !

10 février 2011 par admin 5 commentaires »

Sale temps pour les entreprises adeptes du Made in France. En ce mois de février, ce sont coup sur coup deux entreprises qui se voient sanctionnées : l’une est en redressement, l’autre en liquidation.

Clayeux, la dernière marque de mode enfantine Made in France en liquidation

ClayeuxLe 1er février, c’est pour Clayeux que le couperet est tombé. Liquidation ! Clayeux était la dernière grande marque de mode enfantine à fabriquer encore en France près de 70% de ses collections. Une page qui se tourne après 60 ans d’histoire.

Déjà entre juillet 2008 et janvier 2010, la société avait connu un plan de redressement judiciaire, entraînant au passage la perte de 61 salariés. L’orage semblait être passé avec notamment une augmentation de capital et un contrat de distribution prévoyant l’ouverture de 30 boutiques en Chine. Il y a deux mois et demi, le chiffre d’affaires publié était même de nouveau en hausse de 11 % (sur le 1 er semestre de l’exercice). Mais cela n’aura pas suffit à assurer la pérennité de l’entreprise.

Contre vents et marées, Clayeux avait réussi à sauvegarder une fabrication française, notamment pour ses modèles en maille, véritable ADN de la marque, et avait acquis une réputation « haut de gamme » allant bien au-delà de nos frontières. L’entreprise misait d’ailleurs sur le développement de boutiques à l’étranger, notamment en Chine et en Russie où le haut de gamme « Made in France » fait recette, pour développer ses marchés.

Sur le site historique de Montceau-les-Mines, plus de 90 personnes travaillent encore en production, encore au moins pour les trois mois qui viennent. Après ? L’entreprise cherche un repreneur, et pour le tribunal de commerce de Chalon, l’emploi sera l’un des critères déterminants. Mais encore faudrait-il qu’il y ait un repreneur, et surtout, que celui-ci ne rachète pas juste la marque, pour en délocaliser la fabrication dans un pays où la main d’œuvre serait bien meilleur marché !

HB Henriot, bols bretons contre bols chinois

Bol_oreillesAutre secteur d’activité, autre région, mais même difficulté à faire face à la concurrence asiatique : la faïencerie HB Henriot. Trois siècles d’histoire en Bretagne, des produits encore et toujours fabriqués à Quimper et décorés à la main, mais une situation qui devient difficile à tenir. Le fameux bol prénom à oreilles, par exemple, que tout le monde ou presque a un jour ramené de Bretagne. Le modèle authentique HB Henriot, entièrement réalisé et décoré à la main, est vendu 34 euros. Le même fabriqué en Chine ? 3 euros !!! Tout est dit !

Plusieurs fois dans le passé, la faïencerie avait eu à faire face à de graves difficultés, mais à chaque fois, elle avait réussi à repartir. Aujourd’hui, tous les espoirs résident dans un éventuel repreneur, capable de maintenir une production et des emplois en France. Et à Quimper, personne ne veut voir disparaître ce symbole. La mairie qui a déjà acheté une partie des locaux tient à garder ce savoir-faire local. « On ne va pas se lamenter sur l’effondrement du marché. On compte bien trouver un repreneur qui relance cette activité. C’est une priorité », a assuré à Europe1.fr Marc Andro, vice-président de Quimper Communauté en charge du développement économique.

Il se murmure que parmi les candidats qui pourraient se manifester figure Armor Lux, entreprise de confection, elle aussi quimpéroise.  Mais pour le moment le local de l’étape ne confirme pas la rumeur et se laisse le temps d’étudier le dossier. Profitons-en pour rappeler qu’Armor Lux possède deux usines à Quimper et une usine à Troyes qui fabriquent environ un tiers des modèles Armor Lux, le reste venant de pays à la main d’œuvre meilleur marché, dont la Tunisie par exemple. Mais ne cherchez pas, le site internet d’Armor Lux ne parle que de ses usines françaises. Le reste est pudiquement passé sous silence… A tiens, au fait, c’est aussi en Tunisie qu’Armor Lux sous-traite la fabrication des uniformes destinés à la Police nationale ou à la Poste !

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Le jeu préféré des grands patrons

20 janvier 2011 par admin Pas de commentaires »

plansocial

Avertissement : sens de l’humour exigé !!!

Sorti fin octobre 2010, « Plan social, le jeu préféré des grands patrons » est en effet un jeu de cartes (pour les grands) ouvertement cynique et grinçant, et surtout politiquement incorrect.

Sorti du petit esprit fertile et un brin provocateur du rennais Stéphane Corcoral, rebaptisé John-Harvey Marwanni et officiant au sein de la prestigieuse Marwanni Production, basée à Paradise (Californie), ce jeu fait un tabac depuis sa sortie en novembre 2010. Il est d’ailleurs en rupture de stock et actuellement en cours de réimpression.

Les règles du jeu sont simples : chaque joueur se transforme en actionnaire, et chacune des cartes représente un salarié, ouvrier qualifié, employé, technicien, cadre supérieur… Le premier joueur qui parvient à se débarrasser de tous ses salariés réussit son Plan social, et gagne le droit de délocaliser dans un pays totalitaire à main d’œuvre bon marché. Pour parachever le tout, les illustrations sont totalement ringardes et caricaturales, et les salariés affublés de titres loufoques : poseuse d’amiante, travailleuse sans papiers, responsable des accidents du travail, hôtesse d’accueil à deux ans de la retraite, représentant en armes d’autodéfense, mouleur de saucisses et autres affineurs d’OGM.

Vous l’aurez compris, ce jeu est à prendre au moins au troisième degré, même si en ces temps de crise, il peut paraître difficile, pour certains, d’apprécier ce genre de provocation. Mais le succès rencontré est aussi révélateur d’un sentiment de ras-le-bol généralisé devant la mondialisation galopante et son cortège de plans sociaux et licenciements. Mais aussi et surtout, il signifie que les salariés et plus largement encore, les consommateurs que nous sommes ne sont plus prêts à se laisser berner par les grands discours libéralistes qui nous ont été serinés pendant des années, tentant de nous faire croire (gober ?) que la mondialisation était la panacée, et nous ferait vivre dans un monde meilleur ! Grands discours d’ailleurs sur lesquels tout le monde revient (même l’Europe…), de façon plus ou moins explicite, pour essayer de remettre un peu d’ordre et de freiner la disparition de notre industrie et de nos emplois.

Sur des sujets aussi sérieux, un peu d’humour ne peut pas faire de mal, non ? Ah, et j’allais oublier, ce jeu est bien entendu entièrement conçu et fabriqué en France !

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50 ans de Made in France à l’apéritif !

13 janvier 2011 par admin Pas de commentaires »



Il est petit, aussi large que haut, tout mou et il a une petite languette rouge… Dis comme ça, c’est sûr, ça ne fait pas forcément envie. Et pourtant, depuis maintenant cinquante ans, il fait les beaux jours de nos apéritifs, et a conquis le monde entier, du Japon à l’Afrique du Sud, en passant par le Canada. Et, ô miracle, il est toujours fabriqué en France !

« Un p’tit cube, un gros cube, c’est l’heure de l’Apéricube ! » Ça ne vous rappelle rien ?

L’Apéricube : 5 grammes de fromage fondu, déclinés en une trentaine de saveurs, et fabriqués depuis 1961 par la Fromagerie Bel, dans ses usines de Dole et Lons-le-Saunier dans le Jura. Mais ce n’est qu’en 1976 qu’apparaîtra le nom actuel d’Apéricube. Initialement, le produit était commercialisé sous le nom de « La vache qui rit Apéritif Cocktail », puis en 1971, sous celui de « Apérit-cube ».

Aujourd’hui, 6.000 tonnes de fromage fondu sont ainsi utilisées pour fabriquer, au rythme de 10 petits cubes par seconde, les 2 milliards d’unités consommées chaque année. Et les ventes sont encore en hausse de 5 %. L’une des raisons de ce succès tient peut-être dans la recette, à base de « vrais » ingrédients, et pas juste des arômes plus ou moins naturels. De vraies olives, du piment, du jambon… et aussi bien sûr du Gouda, de l’Emmenthal, du Cheddar et du Comté franc-comtois. Bon, ils ne mettent sûrement pas le « cœur de la meule », mais il semblerait que les fromages soient écroûtés avant d’être fondus.

Déjà apprécié dans bon nombre de pays, Apéricube souhaite poursuivre son développement à l’étranger et conquérir de nouvelles populations. La société mise pour cela sur sa fabrication française, et toutes les boîtes à destination de l’étranger sont ainsi ornées d’un petit drapeau bleu-blanc-rouge. Autre axe de développement, la mise au point de nouvelles saveurs, mieux adaptées aux goûts des pays ciblés, comme le Japon par exemple (goût wasabi ?).

Pour son cinquantième anniversaire, Apéricube sort en édition limitée un best-of de ses saveurs élues par les consommateurs : oignon, poêlée de Saint-Jacques, jambon et bleu-noix. L’occasion, pour ceux qui auraient un peu oublié ce sommet de la gastronomie française, de redécouvrir les p’tits cubes de l’apéritif !

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Pneus chinois : à éviter !

10 janvier 2011 par admin Pas de commentaires »

2010 devrait être une année record pour l’importation de pneus chinois sur le territoire européen. Tous types de pneus confondus, elle devrait atteindre 55 millions de pneus, dont 45 millions pour voitures et utilitaires légers.

La Chine est ainsi devenue la première source de pneus importés en Europe (27 % des importations totales), devant la Corée (16 %), le Japon et les États-Unis. Parallèlement, entre 2007 et 2008, les exportations de pneumatiques européens vers la Chine n’ont progressé que de 800.000 unités, à 1,8 million.

Il faut dire que pour profiter de la croissance chinoise en la matière, les fabricants de pneus européens ont plutôt tendance à installer des usines en Chine, profitant de la main d’œuvre locale bon marché et évitant ainsi la taxe de 10 % imposée par l’Empire du Milieu aux fabricants européens qui souhaitent franchir ses barrières douanières. A l’inverse, les pneus chinois ne sont soumis qu’à une taxe de 4,5 % à leur entrée dans l’UE ! Cela, alors qu’outre-Atlantique, un décret signé en 2009 pour une durée de trois ans par Barack Obama impose des droits de douane à hauteur de 35 % (30 % la deuxième année et 25 % la troisième) aux pneus tourisme et pour utilitaires légers venant de Chine.

Et la Chine a beau avoir poussé des cris d’orfraies, dénonçant une mesure protectionniste (!!!), l’Organisation Mondiale du Commerce vient de rejeter la plainte qu’elle avait déposée.

Résultat : « Lorsque l’administration américaine a relevé ses droits de douane avec la Chine, les usines qui importaient des pneus en Europe à partir de Corée ou de Taïwan ont commencé à exporter davantage vers les États-Unis. Les Chinois, eux, ont commencé à importer davantage chez nous », explique Fazilet Cinaralp, secrétaire générale de l’Association européenne de fabricants de pneus et de caoutchouc (Etrma).

Mais si les pneus Made in China rencontrent un tel succès en Europe, c’est aussi en raison de leurs prix de vente, près de trois fois moins élevés que ceux de leurs concurrents européens. Quatre points de marché ont ainsi été grignotés sur les cinq dernières années par cette offre bon marché. Mais le plus inquiétant reste à venir. Comme à leur habitude, les produits chinois pénètrent les marchés occidentaux grâce à une offre low cost, avant d’investir les segments du moyen et haut de gamme. Les pneus n’échappent pas à cette règle, et c’est désormais également sur le segment du pneu haute performance que se situe la concurrence asiatique. Et l’industrie chinoise du pneumatique fait également partie des priorités du 12ème Plan quinquennal (1.500 milliards de dollars seront investis dans l’industrie !) qui démarre en 2011, avec pour objectif de rationaliser ses quelques 500 marques de pneus.

Parallèlement, en Europe, le durcissement des normes européennes en matière d’efficacité énergétique, de freinage sur sol mouillé et d’étiquetage, est prévu pour entrer en vigueur à partir de novembre 2012. Ce qui impliquera des contraintes supplémentaires aux fabricants européens, et donc renchérira les coûts de développement et d’homologation, et donc vraisemblablement les prix de vente. Logiquement, cela devrait également empêcher les pneus non conformes d’entrer en Europe. Encore faudrait-il qu’il y ait des contrôles, que tous les pays jouent le jeu honnêtement, et fassent respecter ces règles à tout le monde…

Alors, en attendant, des organismes indépendants, tels que le TÜV en Allemagne, organisme d’homologation technique, l’association automobile suisse TCS, ou encore le magazine Autocar en Grande-Bretagne se sont penchés sur la question de la performance de ces pneus chinois face à leurs homologues européens. Le résultat est sans appel ! Les pneus low cost sont purement et simplement à éviter ! Bien sûr, lorsque la route est droite, qu’elle est sèche et qu’il n’y a pas d’obstacle, ils freinent pas trop mal ! Mais sur sol mouillé, leurs résultats sont catastrophiques. Un exemple ? Une Golf, une route humide et un test de freinage à 80 km/h : à l’endroit où la Golf s’est arrêtée avec des pneus Continental, chaussée de Linglong, la berline roule encore à 44,7 km/h !!! Or, c’est précisément lorsque les conditions ne sont pas bonnes qu’il est important (voire vital) d’avoir des pneus fiables et efficaces ! Et ne parlons pas de la longévité, qui n’est pas non plus l’atout majeur des pneus low cost.

Le constat est donc sans appel : les pneus chinois sont totalement déconseillés par tous les magazines automobiles. Alors, sachant que nous avons encore en France l’un des leaders mondiaux du pneumatique, qui, malgré quelques plans sociaux pas vraiment justifiables, emploie quand même encore plus de 20.000 personnes en France, vous voyez où je veux en venir… Et même s’il arrive que le secteur de la fabrication des pneumatiques cède lui aussi aux sirènes de la délocalisation, acheter un pneu chinois n’a jamais donné du travail à un employé de Michelin France.

Et enfin, rappelez-vous que les pneus sont des équipements de sécurité in-dis-pen-sables, et pas seulement des accessoires pour accrocher les jantes en alu. Et si besoin, il vaut mieux renoncer à la peinture métallisée ou à je ne sais quelle option pas toujours indispensable, et s’acheter des pneus dignes de ce nom !

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